500 MILLIONS : LE PAYS EST À LOUER

Éditorial RTI

Cette fois, il faut parler sans détour.
Un contrat de 500 millions de dollars pour la sécurité et la gestion frontalière d’Haïti n’est pas un simple accord administratif. C’est un acte politique majeur. Et potentiellement un basculement historique.
Selon des informations relayées par Jake Johnston — analyste au Center for Economic and Policy Research (CEPR), spécialisé sur Haïti et les politiques internationales — le contrat serait lié à :
* Evergreen Trading System
* Windward Holdings Limited
* Vincent Gordon / Vincent Roy Gordon (dirigeant mentionné dans les documents publics)
* Et des allégations de lien indirect avec Erik Prince
Jake Johnston, connu pour ses analyses critiques de la politique américaine en Haïti, a publiquement interpellé Erik Prince sur X, suggérant que des réseaux associés à ce dernier pourraient être impliqués. Il cite notamment un reportage du journal haïtien Le Nouvelliste concernant la structure corporative du contrat.
Soyons clairs :
Les implications exactes doivent être établies officiellement.
Mais les questions soulevées sont légitimes.

Ce que cela signifie réellement

Le document évoque explicitement une assistance pour « rétablir la sécurité et la stabilité », notamment dans la région métropolitaine de Port-au-Prince.
Ce n’est plus seulement de la surveillance frontalière.
C’est une intervention potentielle dans le cœur sécuritaire du pays.
Si la collecte des taxes et la gestion des frontières sont intégrées au dispositif, alors nous parlons de fonctions souveraines fondamentales :
* Contrôle territorial
* Pouvoir fiscal
* Capacité coercitive
Un État peut acheter du matériel.
Il peut solliciter une expertise technique.
Mais lorsqu’il délègue l’architecture même de sa souveraineté, il change de nature.

Le danger du précédent

Aujourd’hui : sécurité.
Demain : gestion portuaire ?
Après-demain : finances publiques ?
Chaque crise devient un argument pour externaliser davantage.
La stabilisation contractuelle crée une dépendance structurelle.
Et une dépendance sécuritaire est toujours politique.

Le vrai débat

Ce n’est pas une bataille entre camps politiques.
C’est un débat sur la définition de l’État haïtien.
Un gouvernement peut chercher des solutions face à l’insécurité.
Mais ces solutions doivent :
* Être transparentes
* Être constitutionnellement encadrées
* Être contrôlées démocratiquement
Préserver la maîtrise nationale des leviers régaliens
Sinon, la sécurité devient un produit.
Et la souveraineté, une variable d’ajustement.

Une nation ne se stabilise pas sous contrat

On peut importer des consultants.
On peut acheter des systèmes.
Mais on ne peut pas louer l’autorité de l’État.
500 millions de dollars ne doivent pas être le prix d’un glissement silencieux vers une gouvernance externalisée.
Si ce contrat est légal, qu’il soit totalement publié.
Si ce contrat est stratégique, qu’il soit débattu nationalement.
Si ce contrat engage l’avenir, qu’il soit assumé devant le peuple.
Parce qu’une chose est certaine :
La souveraineté ne disparaît pas toujours par invasion.
Parfois, elle s’érode par signature.

RTI News

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