Haïti face à un nouveau vide politique à l’horizon du 7 février


Haïti s’apprête à franchir une zone de fortes turbulences institutionnelles. Le 7 février prochain, soit dans quatre jours, prendra officiellement fin le mandat du Conseil présidentiel de transition (CPT) ainsi que celui du Premier ministre Didier Fils-Aimé, ouvrant la voie à un nouveau vacuum politique dans un pays déjà fragilisé par l’instabilité chronique.


Bien que récemment révoqué par le CPT, Didier Fils-Aimé continue de bénéficier du soutien d’une partie importante de la communauté internationale, qui voit en lui un possible facteur de stabilité et de continuité dans la transition. Ce décalage entre les décisions internes et les positions externes alimente les tensions et les incertitudes quant à la gouvernance à court terme.


Parallèlement, le Consensus Politique pour le Redressement National et la Réorientation de la Transition conteste la désignation du président de la Cour de cassation, Jean Joseph Lebrun, comme président de la transition. Le regroupement politique dénonce un choix « expéditif », estimant qu’il risque de fragiliser la dynamique de dialogue et de consensus entre les forces vives de la nation. D’autant plus que deux autres magistrats auprès de cette institution, dont Lesly Jules, incarnent les seuls remparts de crédibilité qui pourraient sauver cette transition par un choix institutionnel. Cependant les politiciens traditionnels cherchent à les éviter et faire une fuite en avant, en dépit de l’avis de plusieurs juristes qui en voient une opportunité de sauver la transition.


La position de rejeter Lebrun est d’autant plus délicate que Jonas Coffy, membre du Consensus, siège au sein de la commission ayant participé à la désignation du magistrat. Malgré cela, le regroupement rejette toute tentative visant à imposer des décisions non concertées et appelle à un processus inclusif, seul garant, selon lui, d’une transition crédible et apaisée. Le Magistrat Lesly Jules, vu comme étant le choix idéal pour juguler cette crise n’avait par répondu à notre appel en vue de la confirmation de son éventuelle disponibilité à servir le pays en ce moment crucial.

Jules Francois