CARICOM FIXE LE CAP, LE PACTE VACILLE.
Éditorial RTI
Le retour du Premier ministre de la CARICOM a clarifié une réalité que certains tentaient encore de diluer : la transition n’est pas un espace indéfini. Elle est un pont. Et un pont a une destination.
La Communauté caribéenne semble désormais fixer un calendrier clair : des élections en 2026, dans un délai qui ne saurait excéder huit mois. Cette orientation tranche avec certaines attentes internes. Plusieurs signataires du « pacte national » paraissaient miser sur une transition plus longue — deux années au moins — le temps de consolider positions, alliances et dispositifs électoraux.
Or, la pression régionale change la donne.
Organiser des élections dans un délai aussi serré pose des questions sérieuses :
* Où en est la restructuration du Conseil électoral ?
* Quel est l’état du registre électoral ?
* Quelles garanties sécuritaires pour les zones sous contrôle armé ?
* Quel financement est assuré ?
* Quelle feuille de route logistique existe réellement ?
La transition ne peut être un simple mécanisme de survie politique. Elle doit produire un retour à la légitimité populaire. Si l’échéance de 2026 devient ferme, alors l’improvisation n’est plus permise.
La CARICOM semble vouloir éviter l’enlisement. Certains acteurs, eux, semblent surpris — voire déstabilisés — par cette accélération. Cela révèle une tension classique : * le temps diplomatique n’est pas toujours le temps des calculs politiques internes.
Didier Fils-Aimé se trouve ainsi face à une responsabilité historique : démontrer que la transition peut déboucher sur un scrutin crédible, ou confirmer les soupçons d’une architecture conçue pour durer.
Le pays observe.
Et le calendrier, lui, avance.
Jean G Bourdeau RTI-News


