CARICOM: Vers une gouvernance transitionnelle crédible

L’organisation régionale invite à une table ronde ce weekend. Les propositions relatives au cadre de la gouvernance transitionnelle convergent vers un objectif central : rétablir la stabilité, la légitimité institutionnelle et la confiance citoyenne dans un contexte politique et sécuritaire fragile. Plusieurs options de gouvernance ont été envisagées, mais l’analyse de leur portée révèle que le retour à un magistrat indépendant issu de la Cour de Cassation à la tête de l’exécutif constitue l’option la plus crédible et la plus consensuelle.
Parmi les modèles proposés: présidence bicéphale, collège exécutif, Premier ministre conforme à l’article 149. L’option d’un président autonome issu de la Cour de Cassation se distingue nettement.
En tant que magistrat de carrière, extérieur aux luttes partisanes, ce dernier doit incarner la neutralité, le respect de l’État de droit et la continuité institutionnelle. Cette solution offre une légitimité morale et juridique essentielle pour conduire une transition apaisée, loin des influences politiques et des intérêts particuliers.
La possibilité d’un exécutif bicéphale ou collégial, bien qu’inclusive en apparence, comporte des risques de blocage décisionnel et de dilution des responsabilités, incompatibles avec l’urgence des réformes à mener.
Le schéma proposé prévoit un Premier ministre choisi par le président après consultation, sur la base de critères d’intégrité, de compétence technocratique, d’expérience administrative et de leadership. Cette articulation permet d’assurer une complémentarité fonctionnelle : une présidence garante des principes et un gouvernement focalisé sur l’action publique et la mise en œuvre de la feuille de route.
La mise en place d’un organe indépendant de surveillance de la transition constitue un pilier essentiel du dispositif. En associant les structures de contrôle de l’État (audit, marchés publics, lutte contre la corruption) ainsi que des représentants intègres de la société civile, du secteur privé et de la diaspora, cet organe garantit la transparence, la bonne gouvernance et le respect des règles administratives et financières.
La transition s’inscrit dans une durée strictement encadrée d’un an, jusqu’au 7 février 2027, avec des priorités clairement définies : le rétablissement de la sécurité, l’organisation d’élections libres, crédibles et équitables, le développement humanitaire et social. Cette limitation temporelle renforce la crédibilité du processus et réduit les risques de confiscation du pouvoir.

