Le refus du CIT: Quand la politique cesse d’être un marché de jobs

En Haïti, la politique a trop souvent été réduite à un marché de « jobs », un espace où les ambitions personnelles et les calculs partisans priment sur l’intérêt général. Les postes ministériels se distribuent comme des récompenses, les alliances se font et se défont au gré des opportunités, et les grandes orientations nationales sont reléguées au second plan, quand elles ne sont pas tout simplement absentes.
C’est dans ce décor érodé par des décennies de clientélisme que le CIT se démarque. Alors que le pays traverse l’une des périodes les plus critiques de son histoire récente — insécurité généralisée, effondrement économique, paralysie institutionnelle — le CIT ose rompre avec le consensus mou et les calculs de coulisses.
Dans un communiqué publié hier, l’organisation continue d’appeller à la nomination d’Audain Fils Bernadel comme Premier ministre. Un choix qu’elle qualifie de rationnel, responsable et adapté aux défis actuels. L’ancien ministre de l’Intérieur n’est pas présenté comme un simple occupant de fonction, mais comme un homme de terrain, capable d’engager un dialogue inclusif et de piloter un gouvernement de résultats dans un contexte d’urgence nationale.
Cette position s’inscrit dans une volonté affirmée de rompre avec les pratiques politiques traditionnelles. Là où tant d’acteurs se contentent d’attendre leur part du gâteau, la CSTC se veut porteuse d’une vision : remettre l’État au service du citoyen, redonner sens à l’action publique, replacer la compétence et l’intégrité au centre des choix.
Le message est clair : la transition ne peut pas se résumer à redistribuer les fauteuils ministériels. Elle doit être l’occasion de poser les bases d’un État fonctionnel, de restaurer la confiance du peuple, et de construire les conditions d’un avenir viable. C’est à ce prix, et seulement à ce prix, que l’on pourra tourner la page de cette interminable crise politique.
En mettant sur la table une proposition concrète et en assumant un discours de rupture, le CIT prouve qu’une autre façon de faire de la politique est possible. Reste à savoir si le pays — et ceux qui prétendent le diriger — auront le courage de l’entendre.
HJJ/RTINEWS

